Le dépôt de bilan des valeurs culturelles contemporaines

Le dépôt de bilan des valeurs culturelles contemporaines

Les tragiques évènements (500 personnes – hommes, femmes et enfants – massacrées) qui ont eu lieu au Nigéria entre les chrétiens et les musulmans viennent nous rappeler que « l’Homme » est avant tout « un être culturel ».

Les guerres idéologiques du 20ème siècle du fascisme et du communisme n’ont rien eu à envier aux guerres de religions qui ont ensanglanté la France au cours de son Histoire.

Le terrorisme islamiste qui perdure en Irak et en Afghanistan et ailleurs illustre le conflit dualiste et culturel entre deux conceptions de la religion.

La culture de la chasse-loisir, de la corrida mort-spectacle, de l’expérimentation animale… témoigne de la discrimination culturelle (traditionnelle) entre l’être humain et l’être animal.

Un constat s’impose : les valeurs culturelles contemporaines sont générées par les philosophies et les idéologies qui, depuis des siècles, conditionnent les jugements et les comportements. La durée de ces valeurs culturelles n’est pas une preuve de leur validité….ou alors le culte de Zeus serait encore bien vivant parmi nous.

Une valeur culturelle doit être appropriée aux questionnements, défis et menaces d’une époque.

Un des défis les plus importants que l’espèce humaine ait à surmonter aujourd’hui est sa surpopulation. Le questionnement est : comment concilier les lieux de vie de l’être humain et ceux des autres espèces ?

Aucune philosophie (religion et humanisme) n’apporte de réponse. En effet, comme nous le rappelle Albert Einstein : « On ne résout pas un problème avec le mode de pensée qui l’a généré. »
Un autre défi est celui de la « sensibilité » de l’être animal. La encore les philosophies préalables ont toujours nié cette sensibilité. Négation confirmée par les dernières « tables rondes » sur la société et l’animal.

La Protection Animale ne peut donc espérer trouver appuis et solutions à partir des philosophies préalables. Des philosophies qui n’accepteront jamais le concept « d’être sensible humain et animal » parce qu’accepter ce concept c’est remettre en question l’humanisme et la religion, autrement dit remettre presque toute la société en question.
Comme le souligne un de nos adhérents CVN, Daniel Crisman, : « L’inconnu fait peur et l’état actuel, même insatisfaisant rassure… »

Le vivant, le respect du vivant dans sa richesse et sa diversité, le droit d’autrui « être sensible » au respect, la protection de la nature, la sauvegarde des espèces, le bien-être et l’épanouissement de tout être sensible, la responsabilité, la réconciliation, l’indiscrimination…sont des valeurs culturelles émergentes promues et défendues par des consciences encore en petit nombre, certes, mais pionnières.

Nous devons saisir toutes les occasions pour orienter les projecteurs sur ces nouvelles valeurs…à la fois sans provocation et sans frilosité.

Notre chemin militant d’écologiste éthique, radical et biocentriste n’est pas le tapis rouge mais nos convictions, notre détermination, notre patience et notre courage, nous le savons, viendront à bout des résistances, obstacles et malveillances qui accompagnent toute innovation culturelle.

Jean-Claude Hubert
Vice – Président de la CVN

L’opinion publique est un aiguillon pour les politiques

L’opinion publique est un aiguillon pour les politiques

Toute minorité agissante se plaint souvent du silence des médias à son égard sinon de son rejet par ces mêmes médias.

Persuadée que ses idées et ses valeurs sont les seules susceptibles d’apporter la solution de tous les problèmes et le bien-être à toutes et à tous, cette minorité associative ou politique se désole de l’incompréhension de ses contemporains.

Toute minorité agissante commet trois erreurs fondamentales :

1) A l’interne, ses membres ne s’interrogent pas sur la philosophie profonde de leur propre éducation et de leur propre culture pour éventuellement prendre conscience de la contradiction entre cette « formation » et les idées innovantes à promouvoir. Souvent cette base philosophique constitue une barrière inébranlable et insurmontable contre laquelle l’innovation « s’écrasera » ! Une personne éduquée dans la religion ou dans l’humanisme gardera toujours au fond d’elle-même la trace indélébile de ce premier parfum. Cet obstacle à l’extension de toute innovation doit être pris en compte pour ne pas faire tomber les adhérent(e)s dans le découragement. Chacune et chacun doit mesurer sa propre résistance aux innovations qu’il ou qu’elle propose.

2) A l’externe, ses membres souvent s’adressent aux « autres » sans se demander quelle est la capacité d’accueil des « autres » auxquels ils s’adressent. Cet oubli des techniques de communication prive cette minorité de la valorisation de ses échanges.

3) Enfin, la minorité mésestime le concept fondamental qu’est l’opinion publique. C’est l’opinion publique qui est le vrai et le seul aiguillon pour les politiques. Si la minorité ne sait pas créer un mouvement ou un courant d’opinion publique, elle végétera. Si la minorité ne sait pas créer un mouvement ou un courant d’opinion publique identitaire, elle disparaîtra.

Les socialistes, les communistes, les libéraux, les conservateurs, les chrétiens, les juifs, les musulmans, les humanistes, les végétariens, les chasseurs, les écologistes, les talibans ont su créer un mouvement d’opinion publique identitaire et ces « minorités », au départ, ont pu, par leur influence, accéder au pouvoir et faire bouger les choses.

Ce qui n’est pas encore le cas des associations et mouvements de « Protection Animale ». Le fait de ne pas vouloir apparaître de façon identitaire*…les voue à rester inaudibles, et pour toujours, au plus grand nombre.

* La « Protection Animale » est un concept innovant (« l’être sensible biocentriste ») que ne revendique aucune identité citée ci-dessus. Alors pourquoi se maintient-elle dans le plus grand flou identitaire sinon en raison de l’erreur N° 1 !

Jean-Claude Hubert

Biocentriste

Président de TOUS VIVANTS

Sarkozy tombe le masque !

Sarkozy tombe le masque

Lors de sa visite en catimini au salon de l’agriculture le 6 mars 2010, Nicolas Sarkozy a déclaré :

« « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement, parce que là aussi ça commence à bien faire. Je crois à une agriculture durable. […] Mais il faut que nous changions notre méthode de mise en œuvre des mesures environnementales en agriculture. »

Enfin la franchise, enfin la sincérité dans la bouche du Président de la République ! Des années d’hypocrisie, des années d’imposture qui se révèlent enfin sous leur véritable jour. Des années qui n’étaient là que pour masquer une politique économique humaniste qui n’osait dire son nom !

Oui, Nicolas Sarkozy conduit une politique économique humaniste fondée sur la compétitivité, sur la croissance, sur la loi du marché et du profit !

Borloo et Chantal Jouanno, ses deux cache-misère de l’écologie, s’ils étaient honnêtes devraient démissionner !

Toutes les mises en scènes environnementales des « Grenelle » de toutes sortes se dévoilent pour ce qu’elles sont : des décors de carton pâte pour mieux créer l’illusion !

Et toutes les associations environnementalistes qui y ont participé doivent se réveiller ce matin avec la « gueule de bois ». Auront-elles le courage de le reconnaître ? Elles ont servi d’alibi à la plus grande mystification humaniste de ce début de siècle.

Pour nous, aujourd’hui, ce sont tous ses mensonges « qui commencent à bien faire » !

Et ce sont tous les écologistes environnementalistes qui ont désormais « le cul entre deux chaises ». Peuvent-ils encore défendre un « bon » humanisme et un « mauvais » humanisme ? Peuvent-ils désormais ignorer le biocentrisme ?

Après cette « heureuse » clarification, c’est à chacune et à chacun, non pas de choisir son camp mais d’affirmer haut et fort ses convictions et ses objectifs.

Nous, écologistes éthiques, radicaux et biocentristes, avons le devoir de continuer cette clarification dans le respect des unes, des uns et des autres mais avec le courage et la détermination des « pionniers » !

Jean-Claude Hubert
Vice Président de la CVN

http://www.ecologie-radicale.org

Créer un lien d’appartenance

Créer un lien d’appartenance

De nombreuses personnes, associations et mouvements dénoncent la parcellisation, l’émiettement, l’effritement des pensées et des actions et à chaque initiative de l’une d’elles ou de l’un d’eux, les exhortations au rassemblement et à l’unité refont surface comme les bannières lors des processions et les banderoles lors des manifs.

Chacune et chacun déplorent avec force et conviction les querelles de chapelles et le combat des chefs, petits ou grands.

Parfois on essaye de contourner cet obstacle en faisant de cet « émiettement » une fructueuse diversité et de cette fructueuse diversité une richesse. Après tout pourquoi pas…jusqu’à un certain seuil au-delà duquel ce n’est plus qu’un aveu de faiblesse et de médiocrité !

Cultiver la spécificité, la particularité peut donner à son promoteur le sentiment d’exister et qui plus est « d’exercer des responsabilités » mais ne saurait en aucun cas être synonyme d’efficacité.

Les communautés, les clans, les familles dissolvaient souvent l’individu au service du collectif. Et l’on pouvait parler d’esprit de famille, d’esprit de clan, d’esprit communautaire. Tout individu avait conscience d’appartenir à une entité de valeur supérieure à l’égard de laquelle il se sentait « attaché » et même soumis. Ainsi la « nation », la « patrie », la « religion », la « philosophie » avaient réussi à créer des liens très forts d’appartenance.

Aujourd’hui la « liberté » de chacune et de chacun, associée aux vagues migratoires et à l’interpénétration des cultures, conduit à isoler l’individu en effilochant sinon en rompant tout lien d’appartenance. La surpopulation et les crises économiques successives ont accentué cette « liberté » et sa fragilité.

Le tout pour soi et le total désintérêt pour les autres cristallise toutes les oppositions sous forme de discriminations : entre homme et femme, résident et étranger, être humain et être animal….

Le tissu sociétal s’effiloche, se désagrège.

En 2013, ou même un peu avant, 7 milliards « d’électrons libres » s’épanouiront à la surface de la Terre. Mais dans 3 ans nul ne peut imaginer ce que seront les forces politiques, économiques et sociales qui réguleront notre société.

Toute société tire sa cohérence d’un certain nombre de concepts, d’idées et de valeurs qui structurent ses forces vives.

Albert Einstein disait déjà qu’on ne résout pas un problème avec le mode de pensée qui l’a généré.

Sans doute faut-il admettre que de nouveaux concepts, que de nouvelles idées et que de nouvelles valeurs seront nécessaires pour structurer les civilisations de demain.

Sans doute faut-il accepter de créer de nouveaux liens d’appartenance.

Sans doute faut-il avoir l’humilité de constater que certains nouveaux concepts émergent aujourd’hui. Parmi ceux-ci, le nouveau regard que nous portons sur l’être animal.

Le concept « d’être sensible » est déjà matérialisé dans la rédaction du traité de Lisbonne.

La notion « d’être sensible » accueille aussi bien l’être humain que l’être animal : n’est-ce pas l’ébauche d’un nouveau lien d’appartenance ?

Jean-Claude Hubert
Auteur de l’essai : « Les Temps Biologiques »
Editions Sans Amarre (2009)
www.sansamarre.com

Au coeur du vivant

Au cœur du vivant

« Cœur » est sans aucun doute le seul mot de la langue française à donner le plus de bonheur et à faire couler le plus de larmes tant les moments de bonheur et les peines de cœur sont, à l’image de certaines énergies,… renouvelables.

« Cœur » est aussi la source symbolique de l’émotion, du sentiment, de la compréhension, de la compassion, de l’empathie…

Alors on ne voit pas très bien ce que peut signifier l’expression « au cœur du vivant ».

Ne nous laissons cependant pas piéger par cette première impression.

Le vivant, trop vaste, trop flou et surtout trop enveloppant n’est souvent, globalement, pas perçu par la conscience.

Le poisson sait-il qu’il existe autre chose que l’eau ? Le poisson sait-il d’ailleurs que l’eau existe ?

Ce n’est qu’au 17ème siècle que nous-mêmes nous avons mis l’existence de l’air en évidence ( 1646 : expérience de Toricelli)

Je me souviens, quand, il y a quelques années, j’employai, pour les premières fois, le mot « biocentrisme » dans mes articles, une lectrice ironisa : « Biocentrisme…le vivant ? Mais tout est vivant… ça ne veut rien dire ! »

Oui, le vivant est partout et l’erreur des religions et de l’humanisme a été de faire ou laisser croire que ce vivant était à notre entière disposition. Que nous pouvions en user et en abuser tout à loisir ! Que ce vivant était une ressource où nous pouvions puiser sans retenue.

Aujourd’hui nous savons que ce vivant est fragile. Aujourd’hui nous savons que nous pouvons le salir, le polluer, le dégrader, le détruire même de façon irréversible.

Aujourd’hui nous savons que par ses dogmes démographiques et sa culture technologique l’être humain est en train de réduire sa richesse et sa diversité.

Aujourd’hui nous savons que des motivations culturelles mercantiles tentent de le modifier, de l’artificialiser.

Alors, l’expression « au cœur du vivant » ne traduit-t-elle pas cette prise de conscience collective et personnelle que le vivant n’appartient pas à l’espèce humaine, que chaque être humain n’en est pas le Maître comme il n’est le Maître ni de ses semblables ni des autres espèces.

« Au cœur du vivant », oui, pour, du vivant, en assumer la responsabilité, la réconciliation, la pérennité dans la magnificence de ses fragments que sont nos existences éphémères et permanentes de l’aventure humaine, que sont les existences, toutes les existences, comme autant de manifestations uniques, exceptionnelles, irremplaçables et inappréciables.

Jean-Claude Hubert
Président de TOUS VIVANTS

Crime contre l’humanité

Crime contre l’humanité

L’expression « crime contre l’humanité » est chargée de tant de souffrances, de douleurs, de peines et d’injustice qu’elle doit être employée avec beaucoup de prudence et de sensibilité.

Chargée aussi d’affectivité : nous éprouvons du respect et une réelle et sincère empathie pour toutes les personnes qui directement ou indirectement en éprouvent encore les conséquences dans leur chair et leur cœur.

C’est pourquoi nous espérions toutes et tous que nous ne verrions plus jamais de telles ignominies !

Et pourtant…et pourtant…sous nos yeux, en ce début du 21ème siècle se commet, sans doute ce qui sera aux yeux de nos enfants, le plus grand crime contre l’humanité de tous les temps de l’aventure humaine.

Selon les statistiques officielles, reconnues et certifiées exactes de la FAO [ Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture ] plus d’un milliard d’êtres humains vivent actuellement constamment en état de sous alimentation et 25 000 personnes meurent de faim chaque jour dont les 4/5 sont des enfants !! Ce ne sont pas moins de 9 millions de personnes qui meurent de faim chaque année !!

La crise systémique (économique, alimentaire, politique…) qui secoue aujourd’hui la planète alourdira encore les difficultés par la diminution ou même la suppression des aides et subventions aux populations les plus nécessiteuses.

Les experts en alimentation reconnaissent (dernier rapport de la FAO, il y a quelques jours) que la planète ne pourra faire face pour nourrir les 9 milliards d’êtres humains prévus en 2040/2050, c’est-à-dire…dans une génération !!

Cette catastrophe se déroule sous nos yeux, à quelques heures d’avion au plus, dans la plus totale indifférence des politiques, des religieux et des intellectuels…et souvent de chacune et chacun d’entre nous !!

…et des démographes… dont le cynisme est particulièrement ravageur et choquant quand ils prédisent une stabilité de la population humaine le jour où le nombre de gens qui mourront de faim sera le même que celui des enfants à naître.

Les dogmes, les postulats et les principes sont tellement enracinés que bien peu de consciences osent encore aujourd’hui les mettre en doute, les remettre en cause !

La CVN (Convention Vie et Nature) est pourtant est l’une de ces consciences. C’est vrai, aujourd’hui, en 2010, il est encore risqué d’affirmer que la population humaine en croissance indéfinie a des besoins qui excèdent déjà les ressources fossiles et renouvelables de la planète, elle-même finie !

Dans le domaine démographique les conséquences de mesures immédiates sont longues à apparaître d’où l’urgence d’ouvrir le débat d’une régulation démographique afin d’éviter à l’espèce le plus grand crime contre l’humanité qu’elle aurait pu connaître.

Jean-Claude Hubert
Biocentriste – ABolitionniste
Vice – Président de la CVN

D’un mode de pensée à l’autre

D’un mode de pensée à l’autre

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré » [Albert Einstein]

Un des grands principes de la réflexion contemporaine est de rejeter « la faute » de toute catastrophe sur une cause qui malheureusement n’y est strictement pour rien.

Ainsi, jamais les théories totalitaires, fascistes ou marxistes/communistes n’ont été remises en cause pour elles-mêmes, seuls ont été condamnés ceux qui n’avaient pas su les mettre en œuvre. La théorie était bonne mais on n’a pas su l’appliquer.

Ainsi plutôt que d’accuser les conditionnements et endoctrinements culturels actuels qui conduisent à la discrimination et à la barbarie, préfère-t-on mettre en cause la nature de l’homme. N’est-il pas courant d’entendre que la violence est inhérente à l’homme, on n’y peut rien, c’est comme ça…pour justifier les horreurs les plus inimaginables !

Deux grandes philosophies – idéologies formatent les consciences depuis des siècles et des siècles : la religion et l’humanisme.

L’une comme l’autre revendiquent « l’universalité ». Cette qualité « universelle » impose l’idée qu’en dehors de leur propre doctrine, rien d’autre n’est pensable, rien d’autre n’est possible. On sait à quel genre de monstruosité planétaire ce type d’endoctrinement a conduit.

Aujourd’hui une crise systémique : démographique, financière, économique, politique, sociale, sociétale, éducative et culturelle, secoue dangereusement l’espèce humaine.

Aujourd’hui une crise éthique du rapport à l’animal s’impose, sous la pression de l’opinion publique, aux chercheurs, aux politiques, à tous ceux qui prônent la violence, la cruauté et la barbarie à l’égard de l’animal sensible. Chaque jour, quelle qu’en soit la raison, 4 milliards d’animaux sensibles sont massacrés : vision insoutenable de flots jaillissants de souffrance et de sang.

Sur 65 millions d’habitants, seuls subsistent (et pour combien de temps encore ?) 1 million 200 mille chasseurs ! Ce qui prouve, contrairement à ce que prétend José Bové*, que la chasse n’est pas inscrite dans les gènes de l’homme.

Mais c’est avec de telles formules sans aucune valeur scientifique, évidemment, que l’on évite de remettre en cause des valeurs culturelles archaïques, obsolètes !

Les premiers chrétiens n’avaient pourtant pas hésité à supprimer – et de quelle façon expéditive – les temples, idoles et adeptes des divinités de l’Antiquité.

Les premiers savants des Siècles des Lumières n’avaient pourtant pas hésité à envoyer aux oubliettes les vérités révélées de leurs prédécesseurs théologiens !

Alors aujourd’hui pourquoi faudrait-il conserver des philosophies et des idéologies qui menacent la nature, la biodiversité, la biosphère et l’espèce humaine elle-même.

Par rapport à l’origine des religions et de l’humanisme, la population mondiale à été multipliée par 10 ! Comment ne pas imaginer qu’un tel bouleversement a généré des mutations profondes dans la façon d’envisager les êtres et les choses.

Par rapport à l’origine des religions et de l’humanisme, la « technologie » a créé plus de « progrès ( ?) » en un demi- siècle que pendant les millions d’années précédentes et l’on voudrait nous faire croire que l’on peut continuer à vivre avec les dogmes, les postulats et les principes de nos ancêtres.

Par rapport à l’origine des religions et de l’humanisme, le perfectionnement des transports a permis de ne plus compter les distances en km mais en temps pour les parcourir.

Par rapport à l’origine des religions et de l’humanisme plus de 50 % des habitants ont suivi l’exode rural pour aller vivre désormais dans une urbanisation anarchique.

Par rapport à l’origine des religions et de l’humanisme deux « familles » sur trois se séparent et se recomposent.

Par rapport à l’origine des religions et de l’humanisme, l’oral et l’écrit, la « parole » et « l’écriture » (Les Saintes Ecritures) ont cédé la place aux médias, association de l’image, de la couleur et du son.

Et l’on s’acharne à nous faire croire que tout peut continuer comme avant !!

Il existe désormais un fossé qui va s’élargissant entre les questionnements, les défis et les menaces réelles pour la survie des espèces – y compris la nôtre – …et les philosophies « qui les ont engendrés » qui ne proposent que des emplâtres, des rustines, des cache-misère, des parodies de réformes.

Soyons lucides : nous ne pouvons que confirmer les propos d’Albert Einstein : « « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré »
Comme les civilisations qui les portent, les philosophies et les idéologies sont mortelles. Pourquoi chercher à pérenniser, à rajeunir ou ressourcer des dogmes, postulats et principes incapables de répondre aux catastrophes qu’ils ont générées ?

Jean-Claude Hubert
Biocentriste – ABolitionniste
Vice – Président de la CVN

http://www.ecologie-radicale.org

* Interview dans Végétarien Magazine N° 27

Le biocentrisme se manifeste…

Le biocentrisme se manifeste…

La pensée scientifique actuelle oppose le quantitatif au qualitatif en négligeant ostensiblement ce dernier.

Il en est ainsi pour l’arbre et l’animal, par exemple. Le conditionnement est très fort pour ne considérer dans l’arbre que le nombre de m3 de bois à vendre et dans l’animal que le nombre de kilos de viande à consommer.

Ainsi dans les sociétés contemporaines, ce qui se mesure, se pèse, se monnaye est plus important que ce qui ne peut que se ressentir.

L’humanisme est une pensée avant tout « utilitariste ».

La souffrance, la beauté, le bien-être sont marginalisés dans une civilisation qui repose sur le marché, le profit, la concurrence, la discrimination, la violence, la cruauté, la barbarie…

Or la prise de conscience de l’explosion démographique de l’espèce humaine, de la dévastation de la nature, de l’interaction pour ne pas dire de l’interdépendance non seulement entre les êtres humains mais entre les êtres humains et les êtres animaux sensibles a fait émarger une transformation, une mutation de nos habitudes de pensée.

Cette transformation, cette mutation place désormais le vivant et l’être sensible humain et animal au cœur de nos préoccupations essentielles.

Dans sa lettre hebdomadaire du 13 décembre 2009, « Notre pensée écologiste » Gérard Charollois, Président de la CVN, qualifie de « biocentriste » cette nouvelle habitude de pensée et la définit comme un dépassement et un élargissement de la pensée humaniste.

Dans sa lettre du 7 février 2010 : « La synthèse biocentriste » Gérard Charollois explicite cette nouvelle habitude de pensée :

« La CVN, faisant œuvre cohérente, unit deux courants de pensée contemporains qui se sont ignorés dans leurs primes jeunesses.
D’une part, la prise en considération du caractère sensible de l’animal considéré dans son individualité.
D’autre part, la préoccupation écologiste, naturaliste appréhendant la biodiversité et soucieuse de sauvegarder les espèces. »

Jour après jour, cette nouvelle habitude de pensée, cette prise en considération et cette préoccupation écologiste gagnent du « terrain » chez les élus : la prise en compte de l’être sensible dans le traité de Lisbonne, le prochain référendum en Suisse sur les « avocats pour les animaux » témoignent dans les faits, on ne peut plus concrets, des manifestations du biocentrisme.

Jean-Claude Hubert
Vice Président de la CVN

http://www.ecologie-radicale.org

Seuils de résistance rédhibitoires

Seuils de résistance rédhibitoires*

Un ami me disait récemment : « Je suis d’accord avec ce que tu penses à 80 %
- Et alors ?
- Alors je suis d’accord avec toi. »

Chacune et chacun d’entre nous, suivant le milieu social, les milieux éducatif et culturel, les voisins, les copains et amis, l’enracinement ou le déracinement géographique, bénéficie d’un certains nombre de repères, de référentiels forgés au cours de notre existence.

Dans la période actuelle de mutations accélérées, nos capacités d’adaptation sont mises à rude épreuve. Nous devons affronter de nouvelles technologies : celle de l’informatique étant la plus généralisée. Nous devons accepter de modifier un certain nombre de nos comportements mais aussi accepter de nouveaux concepts, de nouvelles idées et de nouvelles valeurs…comme celle de l’être sensible humain et animal, par exemple.

Parallèlement nous devons refuser certains conditionnements culturels et renoncer à des traditions plusieurs fois millénaires.

C’est dans ces domaines du « refus » et du « renoncement » que les seuils de résistance deviennent rédhibitoires.

Oui, nous devons renoncer à la pensée dualiste, celle qui discrimine, celle qui oppose, celle qui exclut, celle qui extermine !
Oui, nous devons renoncer à la bipolarisation de la vie politique !
Oui, nous devons refuser la prolifération de la population humaine sur la terre !
Oui, nous devons refuser un modèle économique qui conduit à la dévastation de la biodiversité de la planète !

Chacune et chacun sent bien que ces renoncements et ces refus sont incontournables.

Chacune et chacun fait bien un effort – ou même beaucoup d’efforts – pour y parvenir. Mais cette déculturation a ses limites.

C’est ce qu’on peut appeler les seuils de résistance rédhibitoires.

La nouvelle approche de pensée biocentriste ? Oui, mais jusqu’où ? L’amphore se souvient toujours du premier parfum qu’elle a reçu. Toute conscience garde toujours le souvenir de la première éducation qu’elle a reçue.

Chacun des grands questionnements ou défis de notre époque se heurte à un seuil de résistance rédhibitoire au-delà duquel la personne ne peut aller.

Renoncer à la démographie galopante : oui, à condition de commencer chez les autres.
Renoncer à l’économie de marché : oui mais en conservant un capitalisme rénové à visage humain.
Refuser les discriminations : oui, à commencer par celles à l’égard de nos semblables sans retenir celles à l’égard de l’être sensible animal.

A chaque fois et pour chaque thème novateur : l’éthique, la radicalité, le biocentrisme, l’ABolitionnisme se dresse un seuil de résistance qui freine la capacité d’adaptation et le potentiel d’innovation.

D’où l’exigence, pour avancer, de rester « ouvert » à toutes les démarches courageuses, de rester « ouvert » sans exclusives aux initiatives convergentes et déterminées des personnes qui ne font pas de ces seuils un obstacle radical et insurmontable.

* rédhibitoire : qui constitue un obstacle radical.

Jean-Claude Hubert
Biocentriste – ABolitionniste
Vice Président de la CVN

http://www.ecologie-radicale.org

Le vivant, l’être sensible humain ou animal, la biosphère : des valeurs politiques !

Le vivant, l’être sensible humain ou animal, la biosphère : des valeurs politiques

Les associations n’ont pas le monopole du vivant, de l’être sensible humain ou animal et de la biosphère.

Ce sont des valeurs qui doivent être appréhendées par la politique et les politiques pour être défendues, protégées, restaurées.

Pendant des décennies les milliers d’associations de Protection Animale se sont déclarées apolitiques pour mieux préserver leur « bien » idéologique en l’éloignant de la seule entité, pourtant susceptible de lui donner un véritable sens : les partis politiques !
Le silence des professions de foi politique à l’égard de la cause animale atteste de l’efficacité de l’attitude des associations.
Les élections « régionales » des 14 et 21 mars prochains ne trahiront pas, hélas, ce statut quo : la « protection animale » aux associations, le bétonnage, aux politiques.

Les associations de protection animale invitent les politiques à jeter un regard bienveillant sur leur cause et les politiques invitent les assos à partager leurs vues grandioses sur l’aménagement du territoire.

Chacun apparemment y trouve son compte : les politiques recueillent quelques voix supplémentaires et les assos qui ont su se montrer conciliantes, le droit de s’asseoir dans des fauteuils de velours à la droite du « Père » lors des tables rondes organisées par le pouvoir !

Chacun y trouve son compte sauf l’être animal qui, avant ou après élection : continue d’être densifié dans des élevages concentrationnaires, continue de se voir chassé à pied ou à courre, continue de voir sa mort mise en spectacle dans les arènes sous l’œil attendri de l’aumônier de service, continue de se voir « expérimenté » dans des laboratoires lobbiesques, continue d’être enfermé à vie dans des cirques et des animaleries…

Bref, tout peut continuer comme avant…pour le mieux dans le meilleur des mondes !

La Convention Vie et Nature [ CVN] – Mouvement d’Ecologie Ethique et Radicale – ne saurait souscrire à un tel scénario à répétition.
C’est clair : la CVN exige :
1) que le vivant, l’être sensible humain ou animal et la biosphère soient reconnus comme des valeurs politiques au même titre que la liberté, l’égalité, la sécurité, la solidarité, l’indiscrimination…
2) que ces valeurs soient prises en compte à la fois dans les choix de civilisation et de société au même titre que l’économie, l’énergie ou les transports.
3) Que ces valeurs soient enseignées dans tous les établissements scolaires comme les disciplines innovantes de demain.
La CVN appelle toutes les associations de Protection Animale à s’associer librement à cette démarche.

Le martyre de l’être animal a assez duré, non ?

Jean-Claude Hubert
Biocentriste – ABolitionniste