Au coeur du vivant

Au cœur du vivant

« Cœur » est sans aucun doute le seul mot de la langue française à donner le plus de bonheur et à faire couler le plus de larmes tant les moments de bonheur et les peines de cœur sont, à l’image de certaines énergies,… renouvelables.

« Cœur » est aussi la source symbolique de l’émotion, du sentiment, de la compréhension, de la compassion, de l’empathie…

Alors on ne voit pas très bien ce que peut signifier l’expression « au cœur du vivant ».

Ne nous laissons cependant pas piéger par cette première impression.

Le vivant, trop vaste, trop flou et surtout trop enveloppant n’est souvent, globalement, pas perçu par la conscience.

Le poisson sait-il qu’il existe autre chose que l’eau ? Le poisson sait-il d’ailleurs que l’eau existe ?

Ce n’est qu’au 17ème siècle que nous-mêmes nous avons mis l’existence de l’air en évidence ( 1646 : expérience de Toricelli)

Je me souviens, quand, il y a quelques années, j’employai, pour les premières fois, le mot « biocentrisme » dans mes articles, une lectrice ironisa : « Biocentrisme…le vivant ? Mais tout est vivant… ça ne veut rien dire ! »

Oui, le vivant est partout et l’erreur des religions et de l’humanisme a été de faire ou laisser croire que ce vivant était à notre entière disposition. Que nous pouvions en user et en abuser tout à loisir ! Que ce vivant était une ressource où nous pouvions puiser sans retenue.

Aujourd’hui nous savons que ce vivant est fragile. Aujourd’hui nous savons que nous pouvons le salir, le polluer, le dégrader, le détruire même de façon irréversible.

Aujourd’hui nous savons que par ses dogmes démographiques et sa culture technologique l’être humain est en train de réduire sa richesse et sa diversité.

Aujourd’hui nous savons que des motivations culturelles mercantiles tentent de le modifier, de l’artificialiser.

Alors, l’expression « au cœur du vivant » ne traduit-t-elle pas cette prise de conscience collective et personnelle que le vivant n’appartient pas à l’espèce humaine, que chaque être humain n’en est pas le Maître comme il n’est le Maître ni de ses semblables ni des autres espèces.

« Au cœur du vivant », oui, pour, du vivant, en assumer la responsabilité, la réconciliation, la pérennité dans la magnificence de ses fragments que sont nos existences éphémères et permanentes de l’aventure humaine, que sont les existences, toutes les existences, comme autant de manifestations uniques, exceptionnelles, irremplaçables et inappréciables.

Jean-Claude Hubert
Président de TOUS VIVANTS

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